Traditions de naissance en France, aux Pays-Bas et en Allemagne : dragées, muisjes et cigogne

En France, au baptême, le parrain ou la marraine offre souvent des dragées, des amandes enrobées de sucre, tandis qu'aux Pays-Bas les visiteurs d'un nouveau-né reçoivent du beschuit met muisjes, une biscotte couverte de graines d'anis enrobées de sucre. En Allemagne, certains districts ont offert aux familles un arbre fruitier à planter pour leur bébé. Quant à la cigogne qui apporte les bébés, son histoire est probablement arrivée aux Pays-Bas depuis un conte populaire allemand.
Pourquoi offre-t-on des dragées au baptême ?
La dragée est une amande enrobée d'une fine couche de sucre, souvent associée à la ville de Verdun, et elle est traditionnellement offerte à l'occasion de baptêmes, de mariages ou de communions, rappelle Wikipédia. L'Église catholique en France explique dans sa propre page sur le baptême que, souvent, le parrain ou la marraine offre des dragées, une tradition qui remonte aux environs du Xe siècle.
Elle en donne aussi l'explication. L'amande est un fruit enrobé d'une coque, symbole de fécondité et de vie, et à l'origine le parrain jetait des poignées de noisettes et d'amandes à la sortie de l'église. Les dragées les ont ensuite remplacées. La page y voit un rite d'agrégation de l'enfant à la communauté, et note que la coutume marque encore aujourd'hui la dimension festive d'un baptême.
Comment sont nés le faire-part de naissance et son équivalent néerlandais ?
Le dictionnaire Larousse définit le faire-part comme une lettre imprimée destinée à annoncer un événement familial important : décès, naissance, mariage. Selon Wikipédia, le faire-part de naissance est une petite carte traditionnellement envoyée par les parents, que la famille et les amis reçoivent dans les semaines, voire les mois, qui suivent la naissance. Ses deux éléments invariables sont le prénom du bébé et le jour de sa naissance.
Aux Pays-Bas, c'est le geboortekaartje. À partir des années 1950, de plus en plus de Néerlandais l'ont envoyé à la place des lettres de naissance déjà en usage, souvent avec un chou ou une cigogne dessus, écrit le magazine d'histoire néerlandais IsGeschiedenis.
Qu'est-ce que le beschuit met muisjes que mangent les Néerlandais ?
Le beschuit met muisjes est une biscotte ronde néerlandaise, beurrée puis couverte de muisjes, des graines d'anis enrobées de sucre. Wikipédia en néerlandais résume la coutume en une phrase : on en mange aux Pays-Bas tout spécialement quand un bébé vient de naître. Les visiteurs qui viennent voir le bébé en reçoivent.
Ineke Strouken, alors directrice du centre néerlandais de la culture populaire, a expliqué en 2007 au quotidien NRC que la tradition est probablement née au XVIIe siècle. La jeune mère recevait du kraamanijs, de l'anis écrasé, pour reprendre des forces, et l'on offrait aussi quelque chose aux visiteurs. Au XVIIIe siècle, poursuit l'article, on s'est mis à enrober les graines de sucre. Avec sa petite tige, la graine ressemble à une souris, « muisje » en néerlandais.
La biscotte et les muisjes ne sont devenus un duo fixe que plus tard. Vers 1920, l'association n'était pas encore une tradition, selon le même article ; elle s'est répandue après 1938, quand le fabricant De Ruijter a offert une boîte géante de muisjes orange à la naissance de la princesse Beatrix. D'après Wikipédia, la boîte est allée au palais de Soestdijk, et depuis, les muisjes orange sont une tradition à la naissance d'un prince ou d'une princesse d'Orange, vendus alors pour un temps en supermarché.
Le beschuit met muisjes n'est devenu une coutume de naissance nationale qu'après 1938, quand De Ruijter a apporté au palais une boîte géante de muisjes orange pour la princesse Beatrix.
De Ruijter a produit des muisjes roses et blancs de manière industrielle à partir de 1860, et les bleus pour un garçon ne sont arrivés qu'en 1994, écrit IsGeschiedenis. En 2010, le responsable marketing de De Ruijter a déclaré à la chaîne NOS que 60 millions de biscottes aux muisjes sont mangées chaque année, à peu près à parts égales entre rose et bleu. Strouken, de son côté, indiquait qu'en 2002 la coutume figurait à la 2e place d'un top 10 des rituels, juste derrière Sinterklaas, la fête néerlandaise de la Saint-Nicolas.
Pourquoi la cigogne apporte-t-elle les bébés ?
Selon le folklore allemand, la cigogne (Klapperstorch) apporte aux parents, dans un panier, les bébés qu'elle a trouvés dans des grottes, des étangs ou des marais, ou les laisse tomber par la cheminée, raconte l'article de Wikipédia en allemand sur la cigogne blanche. Le musée d'histoire naturelle néerlandais Natuurmuseum Brabant écrit que vers le XIXe siècle, on croyait que la cigogne apportait le bébé tout entier, le laissant tomber par la cheminée ou le donnant à la mère, et que le lien entre cigogne, naissance et bonheur se voit encore sur les faire-part de naissance.
Aux Pays-Bas, l'histoire existait déjà au XVIIIe siècle, mais elle n'est devenue vraiment populaire qu'au XXe, selon IsGeschiedenis. Le magazine pense qu'elle est probablement venue d'Allemagne, et que la naissance de la future reine Juliana en 1909 l'a rendue plus populaire encore. Il cite aussi la cigogne dans le jardin parmi les coutumes qui accompagnent une naissance.
Pourquoi certaines familles allemandes plantent-elles un arbre pour leur bébé ?
Planter un arbre pour un nouveau-né est une vieille coutume, et certains districts allemands ont payé l'arbre ces dernières années. Le district de Bamberg, en Bavière, a offert un arbre fruitier à chaque bébé du district né à partir de septembre 2019, rapportait en 2020 le site d'information régional inFranken.de : les familles pouvaient choisir parmi 14 variétés, dont des pommiers, poiriers, cerisiers, mirabelliers et pruniers. L'article présente l'opération comme la reprise de la coutume riche en tradition qui veut que les parents plantent un arbre pour leur nouveau-né.
Le district de Recklinghausen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a mené une opération semblable en 2024. Selon sa brochure de cette année-là, le Landrat, le chef du district, a offert à chaque enfant né cette année-là un « Vestisches Geburtsbäumchen », un petit arbre de naissance choisi parmi d'anciennes variétés fruitières régionales.
| Pays | Coutume | Ce qui se passe | Datation dans nos sources |
|---|---|---|---|
| France | Dragées | Le parrain ou la marraine offre souvent des amandes enrobées de sucre au baptême | Vers le Xe siècle |
| France | Faire-part de naissance | Une petite carte des parents, reçue des semaines ou des mois après la naissance | Non datée |
| Pays-Bas | Beschuit met muisjes | Les visiteurs mangent une biscotte aux graines d'anis sucrées | Coutume nationale après 1938 |
| Pays-Bas | Geboortekaartje | Une carte de naissance imprimée, souvent avec une cigogne ou un chou | Répandue à partir des années 1950 |
| Pays-Bas, Allemagne | La cigogne | Selon le folklore, la cigogne apporte le bébé | Populaire aux Pays-Bas au XXe siècle |
| Allemagne | Arbre de naissance | On plante un arbre pour le bébé ; certains districts l'ont payé | Bamberg dès 2019, Recklinghausen en 2024 |
Quel souvenir garder de ces coutumes ?
Les muisjes se mangent et les dragées se distribuent ; le faire-part est la coutume que l'on garde. Nos faire-part existent en cartes pliées A5 ou en cartes postales A6, chacune avec son enveloppe, et chaque design existe aussi en affiche encadrée ou sur toile. Si vous cherchez encore les mots, notre guide sur le texte du faire-part de naissance donne des exemples, et la fleur de naissance de chaque mois apporte une touche de saison.
Quand vous êtes prêts, créez vos faire-part avec le prénom et la date de naissance de votre bébé.